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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 06:08

Pour gagner 3 ans seulement de culture correcte ensuite le rendement devient plus faible, Madagascar brûle sa forêt.... c'est une plaie vive au coeur de ce pays qui se désertifie toujours plus... et après....?

Il est temps! réveillez-vous les amis!

Quel est le lien entre les menaces environnementales à Madagascar et la chanteuse, parolière et compositrice Razia Said ? [...]

Razia Said : "En traversant la partie sud du pays, j'ai vu plusieurs forêts en train de brûler. D'abord étonnée, j'ai eu ensuite le sentiment que le pays entier allait y passer ! J'ai alors commencé à m'informer, parler aux gens. Quand on brûle, ai-je appris, on enrichit la terre pour trois ans et puis... la terre devient complètement démunie. Le processus de désertification est alors en marche. À partir de là, il devint évident que mon projet d'album à Madagascar parlerait d'environnement. Sept textes de Zebu Nation traitent de ce sujet. D'ailleurs, j'ai voulu chanter ces texte en malgache car je trouvais important que mes compatriotes sachent ce dont je parlais".

[Lire l'intégralité de l'article d''Alain Brunet publié sur le portail La Presse.ca]

En langue malgache, Mifohaza Masoala signifie «Réveille-toi Masoala!»

Masoala est une presqu'île de Madagascar, située au nord-est du pays. Dans cette aire protégée, soit le parc national de Masoala, se trouve une forêt tropicale humide menacée par les coupes illégales de bois rare, bois qui sert notamment à la fabrication d'instruments de musique. Non seulement Madagascar doit-elle faire face à cette pratique répréhensible mais encore cette île immense de l'océan Indien est-elle affligée par le fléau de l'agriculture sur terre brûlée.

Ainsi, le patrimoine forestier de Madagascar est détruit à maints endroits et y accélère du coup le phénomène très inquiétant de sa désertification.

Quel est le lien entre ces menaces environnementales et la chanteuse, parolière et compositrice Razia Said? Quel est le rapport avec le chanteur Jaojoby, le groupe Saramba et le guitariste Charles Kely, artistes malgaches qui partagent un même plateau ce mercredi au Cabaret du Mile-End, sous la bannière            « Madagascar Wake Up»?

 

Docteur en pharmacologie devenue artiste, nomade malgache ayant vécu notamment au Gabon, Paris, Ibiza, Bali et New York, la magnifique Radia Said raconte:

«L'histoire a commencé avec l'album Zebu Nation que j'ai lancé en 2010 - sous étiquette Cumbancha. Pour ce faire, j'ai décidé d'explorer les sons de Madagascar. Puisque mon album précédent, Magical, ne comportait pas grand-chose de mon pays natal, j'ai décidé de retourner aux sources. Je suis partie à Madagascar afin d'y enregistrer des sons. Avec un groupe de musiciens, nous avons voyagé un peu partout dans l'île.

«En traversant la partie sud du pays, j'ai vu plusieurs forêts en train de brûler. D'abord étonnée, j'ai eu ensuite le sentiment que le pays entier allait y passer ! J'ai alors commencé à m'informer, parler aux gens. Quand on brûle, ai-je appris, on enrichit la terre pour trois ans et puis... la terre devient complètement démunie. Le processus de désertification est alors en marche. À partir de là, il devint évident que mon projet d'album à Madagascar parlerait d'environnement. Sept textes de Zebu Nation traitent de ce sujet. D'ailleurs, j'ai voulu chanter ces texte en malgache car je trouvais important que mes compatriotes sachent ce dont je parlais.»

Après la sortie de Zebu Nation, Razia Said n'était pas en reste: elle a mis en oeuvre une opération de reforestation à Madagascar, soit la plantation de 20 000 arbres, question de poser un geste positif à la suite de ses dénonciations.

«C'était dans la partie d'où je viens, là où se trouve le parc national de Masoala. Puisqu'on y coupe illégalement le bois précieux, on détruit la biodiversité de Madagascar, une grande richesse pour le pays comme pour le monde entier. Comment alors convaincre les Malgaches qui vivent des conditions économiques extrêmement difficiles de refuser les offres de grosses organisations qui leur permettent e nourrir leurs familles en coupant ce bois? Pas évident... En revanche, il faut dire que les Malgaches sont de plus en plus conscients du phénomène. De plus en plus, ils savent le danger de la désertification et la virulence des cyclones sur le pays sans la protection des forêts.»

Dans cette optique, Razia Sid a entrepris d'organiser un festival de musique tenu en octobre 2011: Mifohaza Masoala, Réveille-toi Masoala, dont l'objet était de récolter des fonds nécessaires à la reforestation.

«J'ai alors contacté Jaojoby, un des plus grands noms de la chanson à Madagascar. Il a accepté de bon gré, d'autant plus que la destruction de l'environnement malgache faisait partie de ses préoccupations depuis longtemps. Le groupe de son épouse, Saramba, était aussi de la partie, tout comme le guitariste Charles Kely avec qui j'ai déjà travaillé. C'était la grande aventure, on ne savait pas trop ce qui nous attendait. »

Opération réussie, force est de constater: Razia Said et ses collègues ont finalement réussi à rassembler près de 20 000 personnes aux abords de la forêt de Masoala.

«Durant cette même période, relate la chanteuse, le fabricant de guitares Gibson était dénoncé pour son utilisation de bois rare illégalement coupé. La presse internationale y a vu un lien avec notre festival, on nous a contactés en pleine brousse! L'occasion était belle de partir ensuite en tournée avec ce plateau d'artistes, afin de sensibiliser le public et collecter des fonds destinés à la reforestation. Nous espérons toujours convaincre une organisation beaucoup plus puissante financièrement afin d'y susciter un vrai changement à Madagascar, c'est-à-dire y créer du travail et procéder à une reforestation à grande échelle.»

Forêt y penser...

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:28

girafe obèse

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 17:19
quand on connait un peu la vie à Madagascar, c'est très bien fait et calculé, c'est du vécu.....
"J’ai calculé le salaire minimum malagasy."
Vous êtes en droit de dire « c’est quoi ce titre », parce que je ne suis pas économiste mais j’avais envie de le faire.
  Pour me rendre compte très vite que ce n’est pas un exercice facile tant il existe de scénarios.
 D’abord partie pour calculer le minimum nécessaire, j’ai finalement essayé de me repositionner dans le cas d’une personne lambda représentative de la société actuelle malagasy.
1€ = environ 2600 Ar pour avoir un ordre d’idée, tout en tenant bien compte de la différence de niveaux de vie de ces sociétés.
Scénario 1:
Personne célibataire vivant seule, travaillant loin de son domicile 5 jours par semaine (ni week-end ni jours fériés), ne possédant pas de voiture, en parfaite santé et ne prévoyant pas de tomber malade dans les années à venir, débarquant dans le scénario déjà vêtu de la tête aux pieds et dont l’intérieur est déjà un minimum aménagé.
Par ailleurs, on l’imagine manger du riz deux fois par jour en tant que bon Malagasy, de la viande 5 jours sur 7, dont au moins un repas équilibré (riz, plat, fruit) le week-end.
Un monde parfait et légèrement disconvenant donc, je l’accorde.
 Pour le reste, le calcul est tiré vers le bas par défaut.
Dépenses mensuelles:
Trajets professionnels (en taxi-be): 12 000 Ar
Trajets personnels: 2 400 Ar
Repas (petit-déjeûner): 700 Ar Repas (midi au travail): 10 000 Ar Repas (midi, WE): 8 760 Ar Repas (soir): 4 900 Ar
Loyer: 50 000 Ar (électricité mais sanitaires, douche et partie cuisine possible extérieurs)
Charbon: 3 000 Ar Savon + dentifrice: 1 600 Ar + 1 600 Ar
Jiro sy Rano (eau et électricité): 10 000 Ar
PPM (produits de première nécessité): 2 070 Ar
Frais divers: 10 000 Ar
TOTAL salaire minimum du scénario 1 = 117 030 Ar soit 45€.
Le loyer représente ici 43% du budget. Sur la base qu’il doit en constituer le tiers, le salaire minimum devrait être de 150 000 Ar soit 58€.
Scénario 2:
un ménage, le couple travaillant tous les deux, loin de leur domicile, 5 jours sur 7, habitant un logement décent avec eau courante, électricité, sanitaires à l’intérieur, sans voiture, sans enfant, sans dettes, sans famille à aider. Et reprenant les autres conditions du scénario 1.
Sur la base du même calcul, dont certaines dépenses ont été multipliés par 1.5 et le loyer évalué à 120 000 Ar:
TOTAL salaire minimum du scénario 2 = 248 920 Ar soit 124 460 Ar par personne soit 48€ par personne
De même, le loyer représente ici 48% des dépenses mensuelles du couple. Idem, le salaire minimum devrait être de 360 000 Ar soit 180 000 Ar par personne soit 69€.
Scénario 3:
une famille, reprenant les conditions des scénarios 1 et 2, avec un enfant en classe primaire à l’école publique à proximité de leur domicile. Idem, il ne doit pas non plus tomber malade, ni avoir quelconque bobo ou accident, ou devant se contenter de soins gratuits (rare)…
Les frais supplémentaires concernent le budget alimentaire de l’enfant, déjeûnant notamment chez de la famille moyennant une participation journalière de 300 Ar lorsque ses parents travaillent, une légère augmentation des dépenses énergétiques, pour les PPM, son écolage et ses fournitures scolaires ramenés mensuellement. Et peu de caprices.
TOTAL salaire minimum du scénario 3 = 275 290 Ar soit 137 645 Ar par parent soit 53€ par parent.
De même, le loyer représente ici 44% du budget mensuel des parents. Idem, le salaire mensuel devrait être au minimum de 180 000 Ar par parent soit 69€, et considérant un enfant par un facteur 1.5, celui-ci devrait être de 270 000 Ar soit 104€.
Qu’en est-il ailleurs?
 

A titre indicatif, le salaire minimum légal est de 82€ en Bulgarie, 90€ en Roumanie, 437€ au Portugal, 1269€ au Royaume-Uni, 753€ aux Etats-Unis. 17 des 25 pays de l’Union Européenne possèdent un salaire minimum légal, interprofessionnel, appelé SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) en France.

Dans des pays comme l’Allemagne, la Finlande, l’Autriche, l’Italie, Chypre, la Suède et la Suisse, le salaire minimum interprofessionnel n’existe pas.

Dans ce cas, s’appliquent les salaires minima négociés entre partenaires sociaux. Il existe donc autant de salaires minima que de branches professionnelles.

Ah! Au fait, le salaire minimum malagasy est de 56 686 Ar soit 22€, le fonctionnaire lui est un peu mieux loti, avec 104 000 Ar soit 40€.

Vous pouvez maintenant éteindre vos postes et vaquer à vos occupations habituelles. (pour plagier les Guignols!).

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 16:57

Voici un petit livre réalisé avec des photos de l'association.

 

http://www.photobox.fr/creation/1312941308

 

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 06:23
  
 

Les salaires à Madagascar

25,70 € de revenus moyen / mois         source Banque Mondiale, 2008
Méthodologie:

source: http://www.journaldunet.com/economie/salaire/pays/madagascar.shtml   

 

Ce revenu a été calculé en euros sur 12 mois par le Journal du Net à partir des données de la Banque mondiale. Celle-ci publie chaque le revenu national brut par habitant de la plupart des pays du monde, le RNB par habitant (anciennement le PNB par habitant). Il s'agit du revenu national brut converti en dollars américains en utilisant la méthode Atlas de la Banque mondiale, divisé par la population en milieu d’année. Le revenu par tête est souvent utilisé comme indicateur de richesse, surtout entre différents pays. Mais c'est une moyenne qui ne permet pas de mesurer si une partie de la population est très pauvre.

       
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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 14:29

Découvrir les lieux de lecture à Madagascar

Par Véro Rabakoliarifetra

voir ce lien: http://www.takamtikou.fr/vie_des_bibliotheques/2010-06-15/decouvrir-les-lieux-de-lecture-a-madagascar

 

Comment l’offre de lecture pour la jeunesse s’organise-t-elle à Madagascar, dans ce pays de 20 millions d’habitants où 45 % de la population a moins de 14 ans ?

Trois structures ont créé assez récemment des réseaux de bibliothèques et de nombreuses ONG travaillent à permettre une rencontre entre le livre et l’enfant dans les couches les plus défavorisées de la population. Takam Tikou a demandé à Véro Rabakoliarifetra, journaliste, de dresser un état des lieux de l’offre – complexe et morcelée – en matière de lecture à Madagascar.

Lire en malgache ou en français dans un pays de tradition orale

Contexte historique

Madagascar est un pays de tradition orale : jadis les contes, les us et coutumes, les connaissances, toutes les formes de lois qui régissaient la vie en société se transmettaient de bouche à oreille. Au fil du temps, cette tradition s’est ancrée profondément dans la culture malgache. Mais, à l’aube du XIXe siècle, lorsque les écrits ont fait leur apparition avec l’arrivée des premiers européens, ils furent facilement adoptés.

Les premiers écrivains malgaches furent francophones (contexte politique d’alors oblige). Ceux qui voulaient s’exprimer en malgache rencontrèrent des problèmes : pas ou très peu d’infrastructure pour favoriser la production de livres sur place. Et cette situation persiste à l’heure actuelle. Résultat : les livres malgaches écrits par des malgaches sont très peu nombreux et ceux qui se font connaître sont au moins bilingues.

La pratique de la lecture ne s’est pas non plus beaucoup développée : seuls les habitants des villes ont accès aux livres, alors que 75% des malgaches vivent à la campagne.  

Lire en français et en malgache

Outre les manuels didactiques, l’introduction de livres en malgache à l’école, tels les romans et les livres de poésie, a beaucoup contribué à promouvoir le goût du livre et de la lecture auprès des jeunes et des enfants. Pourtant, une fois hors de l’école, ils constatent que leur soif de lecture ne pourra être satisfaite qu’en fréquentant des centres culturels étrangers comme le Centre culturel français ou les Alliances françaises. Les livres pour la jeunesse y sont abondants, très variés, mais la plupart du temps en français !

Non seulement rares, les quelques livres malgaches pour les enfants et les jeunes se limitent en outre à certains genres : les contes, les livres qui parlent des traditions en relation avec l’enfance, la poésie, les romans aussi et quelques titres de bandes dessinées. Plus récemment, des livres très bien illustrés avec de petites histoires ont fait leur apparition. La plupart sont bilingues, car les partenaires surtout financiers l’ont « souhaité » ! Et, nous dit-on, « on doit aussi préparer l’accès des enfants au niveau supérieur des études » qui se font généralement en français.  

Quels sont les trois réseaux de lecture publique du pays et comment travaillent-ils ?

Il n’y a jamais eu de véritable réseau malgache de bibliothèques pour la jeunesse, et aux rares bibliothèques publiques qui ont fonctionné tant bien que mal ont succédé, des années plus tard, des centres de lecture comme les CLAC, les CLIC et les CLEF dont nous allons préciser les origines et les fonctionnements. Depuis l’année 2000, ces centres de lecture ont été installés dans plusieurs petits districts répartis dans toute l’île. Ils mettent à la disposition du public, et surtout des jeunes et des enfants, des livres instructifs et distractifs qu’ils ne trouvent pas généralement dans leur école ni dans les rares librairies ou les dépôts-ventes de la ville la plus proche. La plupart de leurs livres sont des dons provenant de France, donc en français. Les livres de jeunesse écrits et édités à Madagascar sont peu présents dans leurs rayons.  

Les CLAC, Centres de Lecture et d’Animation Culturelle

Ils ont été créés par l’État malgache (Ministère de la Culture) en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie en 2001. Vingt-deux centres sont répartis dans tout Madagascar. Depuis, les responsables ont installé de véritables médiathèques et organisent des animations culturelles bien adaptées à la réalité et aux besoins des jeunes d’aujourd’hui.

Le CEMDLAC (Centre malgache pour le développement de la lecture publique et de l’animation culturelle) qui coordonne les activités des CLAC vient même de créer une bibliothèque virtuelle à son siège d’Antananarivo. Avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information, la bibliothèque virtuelle offre au public jeune une autre façon de lire. Elle est « à la fois un espace de découverte, d’apprentissage, de loisirs et de travail ».  

Les CLIC, Centres de Lecture, d’Information et de Culture

Ce sont aussi des bibliothèques installées dans plusieurs régions rurales de l’île. Cette fois-ci, c’est le Ministère de l’Éducation qui travaille en partenariat avec la Coopération Française, la Fondation Hachette et les communes, en partenariat avec l’association Trait d’Union, actuellement le principal fournisseur de livres de ces centres, sous forme de dons en général.

Depuis 2007, les CLIC travaillent étroitement avec l’Alliance Française.

Les CLIC travaillent aussi avec Planète Urgence, une ONG présente à Madagascar depuis quelque temps. Cette association possède un volet d’appui éducatif qui consiste à faire venir des volontaires en congé solidaire qui se répartissent dans les centres et partagent avec les professionnels locaux expériences et savoir. Ensemble, ils créent de nouvelles activités qui rendent plus efficaces les séances d’animation et de lecture commune.  

Les CLEF, centres locaux d’échanges francophones

Ils ont aussi été créés au début des années 2000 dans le cadre du projet « Appui au Bilinguisme à Madagascar ». Ils sont au nombre de 100 répartis dans toutes les régions. Ils ont pour objectif de permettre au public jeune de s’exprimer en français et de bien le lire, car c’est la langue de l’école, surtout à partir du secondaire.

L’ensemble de ces centres de lecture sont en général fréquentés par un public composé d’adultes, de jeunes et d’enfants qui ont un niveau de vie moyen. Si on fait le calcul, il y aurait 1 centre de lecture pour 150 000 habitants dont 55% sont des jeunes de moins de 25 ans !  

Un réseau d’ONG en direction des populations les plus défavorisées

Dans plusieurs grandes villes de Madagascar, des ONG étrangères ou malgaches qui participent à la lutte contre la pauvreté réservent une grande part de leurs activités à améliorer la situation des enfants qui sont souvent en totale déperdition scolaire ou qui n’ont jamais fréquenté l’école.  

L’ONG Manda

Elle s’intéresse aux enfants des rues de 4 à 18 ans. En dix ans d’existence, elle a accueilli 150 enfants dans ses quatre centres sociaux et elle a suivi l’intégration de 100 enfants dans les écoles primaires et les collèges.

Bien implantée sur l’une des nombreuses collines d’Antananarivo, l’ONG Manda se prépare à installer une petite bibliothèque dans chacun de ses centres. Pour cela, la responsable a fait appel à l’une des rares maisons d’édition jeunesse du pays pour lui demander des conseils sur les livres à mettre dans la bibliothèque. Elle a sollicité l’Alliance française d’Antananarivo et à Planète Urgence de former ceux qui vont assurer les animations dans ces bibliothèques.  

L’ONG Graines de Bitumes

Elle s’occupe aussi de la réinsertion des enfants en situation difficile. Pour l’année scolaire 2007-2008, 177 enfants ont été accueillis : 130 scolarisés, 42 en projet professionnel et 5 pour une remise à niveau.

Leur unique bibliothèque est assez fournie. « Presque tous les livres sont des dons », explique Madame Harisoa, une des responsables de l’ONG, « mais les enfants, ici, ne savent souvent lire ni le français ni le malgache. Alors nous utilisons des livres en malgache et les animateurs font la lecture. Nous avons aussi un programme intitulé « espace de parole ». On choisit des textes ou des articles de journaux comme sujet de discussion. Tout se passe en malgache. »  

L’ONG Hardi

Elle se trouve dans un des quartiers « chauds » de la capitale, à Andavamamba. Elle vient en aide actuellement à plus de 90 familles qui habitent ces quartiers très pauvres où règne une grande insécurité. Pour pouvoir accueillir plus d’une centaine d’enfants nécessitant une remise à niveau en matière scolaire, les responsables ont aménagé, dans leurs locaux, cinq salles de classe. Le coin lecture est cependant devenu trop petit. Hardi a prévu des travaux d’extension et réservera une grande salle à la création d’une véritable médiathèque. Outre le coin bibliothèque, il y aura un poste de télévision, des ordinateurs pour initier les jeunes à cette technologie et un espace jeux. Les livres proviennent de dons mais l’ONG s’approvisionne en livres en malgache sur place.  

L’ONG Inter Aide

Dans le cadre de son volet éducation, elle encadre quinze centres scolaires implantés dans des quartiers pauvres de la capitale. Pour encourager les jeunes élèves à s’intéresser aux livres et à la lecture, Inter Aide met à leur disposition quinze « boîtes à livres » qui servent de bibliothèque tournante. Chaque boîte reste pendant deux mois dans un centre avant de passer à un autre. Il y a en tout vingt livres dans chaque boîte, qui sont en général en français (ce sont des dons). Les enfants sont attirés par les illustrations, même si les images sont souvent très différentes de leur monde et de leur réalité. La responsable du volet éducation envisage aussi de former des animateurs pour aider ces enfants à mieux apprécier les livres mis à leur disposition.

Actuellement, environs 300 ONG avec des objectifs semblables sont implantées dans plusieurs régions de Madagascar.  

L’action de l’UNICEF à Madagascar : une aide à la création

Malgré les efforts de certains organismes pour développer le monde des livres à Madagascar, beaucoup reste encore à faire !

Cette situation a amené la représentation de l’UNICEF à Madagascar à réaliser un projet pour procurer des livres aux plus petits en malgache. Ainsi, 20 titres de livres jeunesse vont être publiés avant la fin de 2009, tous écris en malgache, illustrés, édités et imprimés à Madagascar.

Ces livres vont être distribués dans les écoles qui créeront des coins lecture pour les enfants. Ils y découvriront des livres qui leur seront plus familiers et gageons qu’ils y découvriront le plaisir de lire.      

 

Exemples d’autres bibliothèques à Madagascar

La bibliothèque municipale d’Antananarivo

Antananarivo, la capitale, possède depuis plus de cinquante ans sa bibliothèque municipale. Elle est destinée à tous les publics mais les jeunes la fréquentent beaucoup pour ses livres techniques, ses dictionnaires, ses encyclopédies, etc. 5% des livres seulement sont destinés aux jeunes. Ce sont des livres malgaches achetés sur place en général. D’après une responsable de la bibliothèque, l’acquisition de livres n’est pas toujours la priorité au sein du budget de la commune. Pendant les cinq dernières années, seule une somme équivalente de 2600 € a été accordée pour les acquisitions. « Nous achetons des livres malgaches avec cet argent », a-t-elle ajouté. Certains des partenaires de la bibliothèque demandent l’avis des responsables avant de faire des dons. Les livres offerts sont ainsi plus conformes aux besoins des lecteurs.  

La bibliothèque de l’Alliance française d’Antananarivo

L’Alliance française possède actuellement l’une des plus grandes médiathèques de Madagascar, avec plus de 18 000 livres, CD, etc. L’Alliance française d’Antananarivo dispose d’une bibliothèque jeunesse que les élèves de toutes les écoles des environs peuvent visiter, soit individuellement, soit en groupe. Elle propose des séances d’animation, des livres à emporter ou à lire sur place : tout un choix, en français, en malgache ou bilingue.  

Instantané de lecture, une visite au CLIC d’Ampefy, un samedi matin

Le CLIC d’Ampefy, une petite ville à 112 km au nord ouest d’Antananarivo, est installé dans un vieux bâtiment rénové se trouvant au beau milieu de la rue principale. C’est le samedi, jour de marché, que le centre reçoit le plus de monde. Tiana, une toute jeune fille, se tient devant le petit rayon des livres écrits en malgache : elle dit qu’elle cherche le manuel qui donne des explications sur la technique de fabrication de la confiture de papaye. La région est un grand producteur de ce fruit. La responsable du centre l’informe que le manuel en question vient d’être emprunté par une autre personne et que le livre ne sera disponible qu’après une semaine.

Installés autour d’une table, trois jeunes garçons sont en train de feuilleter un livre de bandes dessinées (en français). Ils habitent à 5 km de la ville et font le chemin à pied, chaque fin de semaine, pour retrouver leurs livres préférés.

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:19

de Naivo.                                       Editions SEPIA  350 pages

  couv au delà des rizières

Derrière ce bref prénom se cache Patrick Ramamonjisoa, un Malgache qui, après avoir un temps été journaliste à Madagascar, vit au Canada en poursuivant un travail littéraire en français. Ce premier roman publié en France surprend et ravit à plus d'un titre. D'abord, il rompt totalement avec les formes et l'esthétique en vogue chez ses contemporains francophones ; ensuite, il présente un travail d'hybridation entre les langues malgache et française et entre les genres littéraires ; enfin, sous couvert de fresque historique située au XIXe siècle, il propose subtilement une réflexion sur les inflexions du pouvoir et les strates de la société dans le Madagascar contemporain.

Ne cédant pas aux désormais classiques dislocations narratives et aux violences lexicales ou symboliques, le romancier semble revenir au traditionnel roman historique avec deux héros qui s'aiment tout en étant pris dans la tourmente d'une Histoire qui les dépasse et les brise.  

Fara la campagnarde et Tsito son jeune esclave vivent dans un village du centre de l'île, l'Imerina, au temps du roi Radama Ier, dans les années 1820. L'univers de leur enfance, cette société stratifiée évoquée sous ses divers aspects, bascule lorsqu'à la mort du roi en 1828 la reine Ranavalona prend le pouvoir.

 Elle reconfigure son entourage en modifiant les privilèges des clans et interdit le christianisme qui avait changé bien des traditions dans les dix années précédentes.

Le récit est pris en charge par les deux personnages, qui alternativement observent, décrivent et analysent leurs semblables. Les traditions, les rapports familiaux, les réseaux de dépendances, l'irruption des missionnaires protestants anglais, la sourde lutte des devins, sont autant de sujets qui défilent au long des quelque cinquante et un chapitres structurés en cinq parties introduites par un proverbe en malgache et sa traduction qui reste souvent énigmatique : "Servir de médiateur entre ce qui est difficile. Comme le safran" ouvre ainsi le livre II.

Cette fresque d'un pays qui change d'époque et le suspens lié aux péripéties que traversent les héros suffiraient à captiver le lecteur occidental ignorant cette histoire lointaine toujours réduite à quelques clichés coloniaux.

La seconde qualité du texte réside dans sa langue qui peut être qualifiée d'hybride avec ses nombreux emprunts (un lexique en fin de volume est le bienvenu) et surtout la traduction de proverbes ou expressions malgaches qui parfois s'accumulent comme dans la rhétorique traditionnelle (kabary) : "cet esclave est aussi petit qu'un pou et aussi noir que le fond d'une marmite" dit le marchand en citant deux proverbes (p. 7).

La structure dialogique, outre qu'elle donne au lecteur une vision dédoublée, rattache le texte romanesque à la structure des poèmes (hainteny) et des chansons d'amour (kalon'ny fahiny) traditionnels. Cette intertextualité est naturellement visible aux yeux des seuls habitués de la littérature en malgache mais elle donne une dimension poétique à la fois surprenante et charmante pour celui qui en ignore les références.

Enfin, cette manière de revisiter l'histoire du royaume merina permet au romancier du XXIe siècle de donner sa propre lecture du passé et du présent. Avec ces héros humbles, cet esclave audacieux et perspicace qui ouvre et qui clôt le récit, il légitime une lecture d' "en-bas" d'une société qui ne se définit d'ordinaire que par ses castes nobles.

En qualifiant Ranavalona d' "imprévisible" et d' "usurpatrice" (199) puisqu'elle s'est emparée du pouvoir par la force, il installe un réseau de parallélismes avec la situation politique actuelle à Madagascar qui n'échappera pas non plus aux lecteurs avertis. Suivant ce fil, la description des changements de clans à la cour, des intrigues de palais et des mises en scènes par des factions rivales dépasse largement la représentation d'un passé lointain.

Il sera alors possible de saisir le double sens des expressions comme "le cercle des crocodiles" (149) ou "des nantis" (197) de la cour, "la lente déliquescence du pouvoir" (223) ou le fait que "des partis tentaient de tirer les ficelles du mouvement" (203) ou encore que les notables de la ville "ont moins d'esprit qu'une horde de moineaux mais se confortent dans leur bêtise" (198).

Cette double lecture introduit la réflexion sur le lien entre les bouleversements anciens et actuels, sur le rôle de l'histoire, sur les silences posés sur elle. Le roman d'amour et d'aventure se double alors d'une discrète mais caustique remise en cause des fondements même de la société malgache contemporaine. Célébration de la langue, de la culture et questionnement incisif sur les rouages de la société ne sont que deux volets d'un même attachement à la Grande Île lointaine. Ce roman à la fois facile et complexe, séduisant et provocateur, sentimental et lucide, sera donc lu et apprécié, nous l'espérons, au Nord comme au Sud mais de diverses manières car chacun se laissera emporter dans son monde, celui que Naivo a construit. Un voyage dans le temps, l'espace, la langue et le cœur humain : c'est-à-dire tout ce que l'on demande au roman.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 07:23
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 04:16

source : moov

Consommation à Madagascar :

 Le maigre salaire du Malgache moyen très en deçà de ses besoins (17-04-2012) - La population malgache est de plus en plus affaiblie.

Un pouvoir d’achat qui s’effrite et aucun espoir de sortie de crise, le prix de la pauvreté est salé. 5 000 Ar (moins de 2 euros), un budget journalier pour la plupart des ménages malgaches.

Avec un salaire minimum d’embauche à un peu plus de 100 000 Ar dans le secteur privé, le budget alloué à l’alimentation est très réduit. Car à raison de 5 000 Ar par jour, le salaire d’un employé avoisinant le salaire minimum d’embauche s’épuise au bout de 20 jours.

Et pourtant, avec le coût de la vie actuelle, 5 000 Ar pour une liste de courses d’une journée est très en deçà des besoins réels d’une famille.

En considérant qu’un ménage malgache compte 4 à 5 personnes, avec cette somme le panier de la ménagère est vite rempli. Ainsi, tous les jours, la liste des courses pourrait se résumer à : 250 gr  de viande à 2 000 Ar, le kilo de la viande tournant autour de 8 000 Ar, quelques légumes, tomates et oignons, ingrédients indispensables pour rendre le mets savoureux, pour une totalité de 1 000 Ar car la tomate à elle seule coûte 100 Ar la taille moyenne, 200 Ar pour de belles tomates.

Enfin, un ménage moyen consomme près de 1kg ½ de riz par jour (midi et soir), soit environ 2 000 Ar. La mère de famille doit se débrouiller pour laisser un peu du mets de midi pour le soir. Ce calcul ne tient même pas encore compte des dépenses du petit déjeuner, pourtant principal repas de la journée.

Autres charges.

Avec un salaire minimum de 100 000 Ar, un Malgache moyen ne subvient donc pas encore à ses besoins mensuels, rien qu’en termes d’alimentation. Pas de fruits, aujourd’hui hors de prix, allant de 600 Ar le kilo de la banane à plus de 3 000 Ar pour certains fruits comme l’ananas, malgré l’abondance d’autant de belles choses sur le marché. D’ailleurs, avec les PPN qui devraient faire partie des provisions mensuelles, et qui grimpent déjà à près de 30 000 Ar/mois  en supposant que le ménage ne consomme qu’un litre d’huile dans le mois, un kilo de sucre, une barre de savon, un grand sachet de café moulu, une boîte d’allumettes, la moitié du sac de charbon pour toutes les cuissons, un sachet de sel fin... un minimum pour une famille de 4 personnes.

A cela devront s’ajouter les charges de la Jirama (électricité), du transport en commun, et le loyer de la maison, sans cesse en hausse et n’obéissant à aucune norme en matière de prix. Dans tout ça, il est interdit de tomber malade !

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:09

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